Acheter du Beaufort en ligne ou chez un fromager de quartier, c’est rarement le même prix au kilo. L’écart peut surprendre, et il ne s’explique pas uniquement par la marge du vendeur. Comprendre ce qui fait varier le prix du Beaufort au kilo permet de comparer les offres sans se fier au seul chiffre affiché sur l’étiquette.
Cotation grossiste et prix en boutique : deux réalités du Beaufort AOP
Avant de comparer les prix entre fromageries et sites e-commerce, un repère utile existe. Le Réseau des Nouvelles des Marchés (RNM), géré par FranceAgriMer, publie une cotation régulière du Beaufort AOC au stade grossiste. La dernière cotation disponible sur le MIN de Rungis affiche un cours grossiste de 23 euros HT le kilo.
Ce chiffre correspond au prix entre professionnels, hors TVA et hors frais de livraison au consommateur. Il constitue un plancher : aucun détaillant ne peut durablement vendre en dessous sans rogner sur la qualité ou le service.
Le prix en boutique intègre ensuite la marge du fromager, l’affinage complémentaire éventuel, le conditionnement et la logistique. En ligne, les frais de transport réfrigéré (souvent via Chronofresh) s’ajoutent au prix affiché. Comparer des prix au kilo sans inclure les frais de port fausse l’analyse.

Beaufort, Beaufort été, Beaufort chalet d’alpage : le type change le prix
Vous avez déjà remarqué que deux morceaux de Beaufort AOP vendus côte à côte n’affichent pas le même tarif ? La raison tient souvent à la catégorie du fromage, définie par le cahier des charges AOP.
Le Beaufort « générique » est fabriqué toute l’année à partir de lait cru de vaches de races Tarine ou Abondance, en Savoie. Le Beaufort été est produit exclusivement entre juin et octobre, quand les troupeaux pâturent en altitude. Les saveurs sont plus complexes, la production plus limitée.
Le Beaufort chalet d’alpage représente le sommet de la pyramide. Fabriqué directement en alpage, dans un seul chalet, avec le lait d’un seul troupeau, il reste rare. Sa disponibilité restreinte tire mécaniquement son prix vers le haut.
- Beaufort AOP (toute l’année) : le tarif le plus accessible, souvent proposé par les coopératives en ligne.
- Beaufort été AOP : un surcoût lié à la saisonnalité et aux conditions de production en alpages.
- Beaufort chalet d’alpage AOP : la catégorie la plus chère, avec des volumes très limités chaque année.
La mention sur l’étiquette détermine la fourchette de prix. Un site qui affiche « Beaufort AOP » sans préciser la catégorie vend probablement du Beaufort générique.
Comparer les offres en ligne : ce que le prix au kilo ne dit pas seul
Les coopératives du Beaufortain vendent désormais en direct sur leurs propres boutiques en ligne. Deux exemples repérés dans les résultats proposent du Beaufort au poids, avec des formats allant de quelques centaines de grammes à des pièces de deux kilos.
Chez la Coopérative Beaufort Aime La Plagne, les prix démarrent autour de 4,50 euros TTC pour une petite portion et montent à plus de 40 euros TTC pour une pièce d’environ deux kilos. Chez une autre coopérative, le Beaufort été AOP avoisine 25,40 euros TTC pour un kilo.
Trois critères à vérifier avant de valider un panier
Le prix au kilo affiché sur une fiche produit ne suffit pas pour comparer. Plusieurs paramètres modifient le coût réel de votre commande.
- Frais de port réfrigéré : la livraison en froid coûte souvent entre plusieurs euros et une dizaine d’euros. Certaines coopératives offrent la livraison au-delà d’un seuil d’achat (par exemple, 120 euros chez Beaufort des Montagnes).
- Emballage sous vide : plusieurs boutiques facturent un supplément pour la mise sous vide, parfois moins d’un euro par article. Ce détail pèse sur les petites commandes.
- Poids réel facturé : un fromage vendu « environ 1 kg » peut peser 950 g ou 1 100 g. Le prix final est ajusté au poids réel. Vérifiez si la boutique facture au poids exact ou au forfait.
Un Beaufort affiché à un tarif attractif au kilo peut revenir plus cher qu’un concurrent apparemment plus onéreux, une fois la livraison et l’emballage intégrés.

Hausse des prix du Beaufort : une tendance nationale documentée
Les données RNM FranceAgriMer indiquent que le prix moyen du Beaufort AOP au détail est orienté à la hausse sur les derniers mois, après une phase de stabilisation. Cette progression est qualifiée de modérée mais continue.
Elle s’explique par la hausse des coûts de production en montagne : fourrage, énergie, charges d’exploitation des alpages. Le lait de montagne coûte plus cher à produire que le lait de plaine, et cette réalité se répercute sur le prix final du fromage.
Un fromager ou une boutique en ligne qui augmente ses tarifs ne pratique donc pas nécessairement une marge excessive. Vérifier la cotation RNM avant d’acheter donne un repère objectif pour juger si un prix est cohérent avec le marché.
Fromagerie locale ou coopérative en ligne : où acheter son Beaufort
Acheter directement auprès d’une coopérative du Beaufortain garantit la traçabilité. Le fromage provient de la zone AOP, affiné sur place, et la coopérative reverse une part du prix aux éleveurs locaux. Les sites comme ceux de la coopérative d’Aime-La Plagne ou de Terres du Beaufortain proposent aussi le retrait en magasin (click and collect), ce qui supprime les frais de port.
Chez un fromager affineur en ville, le prix au kilo sera généralement plus élevé. En contrepartie, le fromager sélectionne ses meules, les affine parfois plus longtemps, et propose un conseil personnalisé sur la maturité du fromage.
En grande surface, le Beaufort AOP est disponible à un tarif souvent inférieur, mais le choix de la catégorie et la durée d’affinage restent limités. Le Beaufort chalet d’alpage, par exemple, s’y trouve rarement.
Le prix du Beaufort au kilo reflète une combinaison de facteurs : catégorie AOP, circuit de vente, affinage, logistique réfrigérée. Comparer deux offres sans tenir compte de ces paramètres revient à comparer des fromages différents. La cotation RNM reste le meilleur point de départ pour situer un tarif dans son contexte de marché.

